La localisation d’un nom ou d’un texte, définition:
L’art de traduire un nom, un texte à l’étranger, en exportant également l’image, les valeurs, les sous-entendus, le champ sémantique du nom/texte de départ. Il s’agit en fait de produire le même effet sur l’individu qu’il soit Français, Brésilien ou Chinois.
Appliquée à un nom de marque de voiture, qui s’exporte souvent tel-quel, sans traduction, l’enjeu est de taille : le nom français doit produire le même effet sur les acheteurs allemands, anglais ou espagnols.
C’est donc à l’équipe marketing qui est en charge du « naming », de trouver le nom du nouveau modèle, d’explorer toutes les conséquences de chaque nom proposé avant de valider son choix et de mettre en vente le produit.
Pour contourner le problème, bien souvent les noms trouvent leur inspiration dans le latin ou le grec, les langues à l’origine de notre culture occidentale, que l’on peut à juste titre considérer comme « internationales ». C’est le cas d’une « Clio », qui n’est autre qu’une muse du Panthéon grec, d’une « Astra» (Opel), qui signifie « étoiles » en latin. Même les constructeurs asiatiques nous offrent des exemples : une Nissan « Serena » signifie « sereine » en latin.
Mais il arrive parfois que ça dérape :
Certains noms peuvent emporter avec eux des sens qui ont échappé à la vigilance de l’équipe marketing, voire même signifier tout le contraire, en fonction du pays dans lequel le nouveau modèle de voiture est exporté.
La Chevrolet Nova : une traduction délicate
Nova trouve sa source dans « novus », nouveau en latin. Mais arrivé en Espagne, la « Nova » a un double sens. Si l’espagnol « nueva » est très proche et permet facilement de comprendre le nom de la voiture, « Nova » se lit et s’entend également comme « No va » : la traduction en français est « n’avance pas ». Un parfait exemple d’erreur de localisation, difficile à porter pour une voiture !
4×4 Renault Koleos : une étymologie bien particulière
Une inspiration grecque certaine dans ce nom, mais à la recherche, le mot existe vraiment : «κολεος» existe bien en grec ancien, il s’agit d’une gaine, d’un sac qui, par dérivation, peut prendre le sens de « cercueil ». Pire encore, «κολεος», tout comme « coleus » en latin, signifient familièrement « testicule », ce que n’importe quel dictionnaire s’empresse de rappeler, comme le montre l’image ci-dessous tirée du Petit Robert.
Difficile d’imaginer que l’équipe marketing n’a pas fait l’effort d’ouvrir un dictionnaire pour vérifier les traductions avant de choisir ce nom qui fait la joie des blogueurs et autres amateurs de jeux de mots depuis la mise en vente du 4×4.
Volkswagen Tiguan : un pari perdu
Le pari ? Faire choisir par le public le nom du nouveau modèle de la marque allemande. Volkswagen a en effet proposé aux lecteurs du magasine Auto Bild de choisir entre plusieurs noms pré-sélectionnés, et « Tiguan » a eu les faveurs du public allemand.
« Tiguan » ? le nom vient des mots allemands tiger (tigre) et leguan (iguane). Si le succès était assuré en Allemagne, il n’en fut pas de même aux Etats-Unis : 9000 ventes seulement en 2008 pour ce modèle qui était censé se positionner contre le CR-V de Honda (près de 200 000 ventes) et le RAV 4 de Toyota (près de 140 000). Le nom, en effet, plébiscité en Allemagne, n’a pas inspiré le consommateur américain, déjà surpris par le « Touareg » quelques années auparavant, qui l’a trouvé trop exotique à son goût.
Vous avez des exemples d’erreurs de traductions de noms de marque ? N’hésitez pas à les partager avec nous dans les commentaires !










